
CHU de Bordeaux : La Révolte des Laboratoires de Biologie en Grève Illimitée
2025-03-24
Auteur: Louis
Une tension palpable s'installe au sein du personnel du pôle biologie du CHU de Bordeaux. Ce lundi matin à 7 h 30, environ une centaine de techniciens, vêtus de leurs blouses blanches, ont exprimé leur mécontentement en se rassemblant sur le rond-point de l'hôpital. Selon les affirmations de la CGT, plus de 200 agents sur les 470 que compte ce pôle sont en grève, avec un préavis de grève illimitée, s'engageant à maintenir cette action pendant au moins trois jours, jusqu'à mercredi.
Cela fait trente ans que je travaille ici et je n'ai jamais vu tout un pôle de biologie faire grève comme aujourd'hui, déclare Delphine Bachellerie, technicienne de laboratoire et représentante syndicale de la CGT. Les grévistes exigent le reversement d'une prime sur les activités réalisées pour des établissements extérieurs. Un arrêté du 7 mai 1957 stipule qu'un hôpital pourrait reverser jusqu'à 25 % de ses recettes.
Ces activités incluent des analyses considérées comme exceptionnelles et innovantes, demandées par des hôpitaux de la région, qui sont non standards et très coûteuses. Par exemple, des analyses pour la maladie de la mucoviscidose peuvent coûter jusqu'à 3 000 euros, comme l'explique Bachellerie. Le CHU de Bordeaux traite les demandes d'analyses de tous les hôpitaux de Tours jusqu'au Pays Basque, lui permettant de dégager des bénéfices importants, évalués à 9 millions d'euros en 2023 et 10 millions en 2024.
Un pôle endetté
Jamais le CHU de Bordeaux n'a reversé un centime de cette prime aux salariés. Alors que nous la réclamons depuis des mois, la direction n'a même pas ouvert la porte aux négociations. Cela a été un refus catégorique, déplore Baptiste Anorga, technicien de laboratoire et représentant syndical. Il cite l'exemple de CHU à Lille ou Montpellier qui reversent une partie de ces bénéfices à leur personnel. Bien que ce reversement ne soit pas obligatoire, la direction doit gérer la distribution de manière équitable.
Dans un contexte où les salariés souffrent du manque d'effectifs et ressentent de la culpabilité lorsqu'ils prennent des congés, certains étant même en arrêt maladie pour burnout, nous désirons une reconnaissance juste de notre travail, affirme Delphine Bachellerie. Elle dénonce également un mépris institutionnel pour la biologie.
Le CHU de Bordeaux, sollicité concernant cette grève, se justifie en affirmant que le pôle biologie-pathologie est déficitaire, rendant impossible le versement de cette prime d’intéressement facultative aux personnels. La direction rappelle que les employés ont bénéficié de mesures de revalorisation du Ségur en 2021 et que les effectifs continuent d'augmenter avec 26 nouveaux professionnels recrutés au cours des cinq dernières années, soit une moyenne de cinq recrues par an. Un nouveau bâtiment est également prévu pour accueillir le pôle d'ici 2028.
Bien que la grève soit en cours, l'activité du CHU ne subit pas de perturbations majeures pour les patients nécessitant des analyses urgentes, un service minimum étant garanti.