
État de l'environnement en France : le rapport mystérieux qui révèle de bonnes et de mauvaises nouvelles
2025-03-23
Auteur: Pierre
Un rapport de 140 pages dresse un constat alarmant de la santé de la nature en France, mettant en lumière à la fois des avancées et des régressions significatives des écosystèmes. Habituellement publié tous les cinq ans, la sortie de l'édition 2024 de ce document, que Le Monde a pu examiner, est inexplicablement retardée.
Prévu pour être dévoilé « avant fin janvier » 2025, lors d'un événement qui aurait permis à la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, de présenter les derniers progrès, ce rapport a été empilé dans les tiroirs du gouvernement. Une conférence de presse était même envisagée, mais les premières ébauches n’auraient pas satisfait les attentes du cabinet, qui préférait une version mettant davantage l'accent sur les évolutions positives.
Les experts du Service des données et études statistiques (SDES), rattaché au Commissariat général au développement durable, ont alors retravaillé le document, soulignant des indicateurs clés et les évolutions de 2019 à 2024. Pour ajouter une touche de clarté, un résumé de quatre pages a également été élaboré. Cependant, malgré plusieurs versions et un manque de communication avec le cabinet, aucune date de publication n’a été fixée. Cette situation a provoqué une frustration parmi les agents du SDES, certains allant jusqu’à rédiger une lettre à la ministre, rappelant l'engagement de la France, pris en signant la Convention d'Aarhus, de publier ce rapport tous les cinq ans, une tradition respectée depuis 1994.
Parmi les points positifs du rapport, la qualité de l'air a montré des signes significatifs d'amélioration, selon les données disponibles. D’autres progrès incluent une diminution des émissions de gaz à effet de serre, bien que ces avancées soient menacées par de récentes alarmes concernant la perte de biodiversité et la dégradation des habitats. Certaines zones, jadis riches en biodiversité, subissent une pression intense due à l'urbanisation et aux changements climatiques.
L’entourage de la ministre justifie le retard du rapport en invoquant « le calendrier politique des derniers mois », tout en assurant que les demandes de modifications étaient mineures et ne touchaient pas des sujets de fond. « Les données inclues dans le rapport sont déjà publiques », soutient le ministère, promettant que le rapport sera finalement rendu public « dans les prochaines semaines ». Restez à l'écoute, car les révélations à venir pourraient changer la donne en matière de politique environnementale en France.