Santé

Journée mondiale de la bipolarité : les malades exigent le droit à vivre normalement et refusent de se cacher

2025-03-30

Auteur: Chloé

Depuis 2015, le 30 mars est dédié à la journée mondiale des troubles bipolaires, une occasion pour sensibiliser le public et partager des informations cruciales sur cette maladie encore trop souvent méconnue. En France, les troubles bipolaires touchent plusieurs centaines de milliers de personnes, représentant de 1 à 5 % de la population selon les experts médicaux. La récente publication du livre *Intérieur nuit* par Nicolas Demorand, un animateur bien connu de France Inter, a relancé les discussions sur cette condition. Diagnostiqué bipolaire depuis huit ans, Demorand partage son expérience personnelle, ce qui a été salué par de nombreux patients et professionnels du secteur.

Lors de son intervention à la matinale de France Inter, il a bravement choisi de sortir du silence autour de sa maladie : "Je ne veux plus le cacher ni me cacher. Comme des centaines de milliers de Français, je suis bipolaire, bipolaire de type 2," a-t-il déclaré. Le Professeur Raoul Belzeaux, psychiatre au CHU de Montpellier, a exprimé son admiration pour le courage de Demorand, soulignant que cette maladie est courante et n'est pas un facteur d'incapacité. "Les personnes atteintes de troubles bipolaires peuvent mener une vie de grande qualité et avoir des carrières très exigeantes," a-t-il ajouté.

La bipolarité se caractérise par des fluctuations d'humeur extrêmes : des phases d'exaltation à des phases de dépression profonde, tout en ayant des périodes où l'humeur est stable. Nathalie, mère de deux enfants, explique que le témoignage de Demorand résonne particulièrement avec son expérience : "Je ne veux pas me cacher, avoir honte. Je suis bipolaire, c'est un fait," affirme-t-elle. Avec son suivi médical, elle s'efforce de mener une existence aussi normale que possible.

Cependant, tous ne disposent pas du même courage. Dominique Guillot, à la tête de l'association Argos 2001, partage des réflexions amères sur la stigmatisation persistante des maladies mentales. "Il y a encore beaucoup de peur autour de la maladie mentale en 2025. Mentionner sa bipolarité peut sérieusement compromettre vos chances de trouver un emploi," explique-t-il.

Un autre défi majeur reste l'errance diagnostique. Emmanuelle Raymond, présidente de l'UNAFAM, la Fédération Nationale des Familles et Amis de personnes Malades et/ou handicapées psychiques, souligne la complexité du diagnostic des troubles mentaux. Contrairement à d'autres maladies, il n'existe pas de tests simples pour diagnostiquer la bipolarité, ce qui rend la reconnaissance des symptômes difficile. Les statistiques révèlent que les patients peuvent souffrir d'une errance médicale durant huit à dix ans avant d'obtenir un diagnostic clair.

Dans ce contexte, il est essentiel de continuer à promouvoir la recherche et la sensibilisation autour de la bipolarité pour non seulement améliorer les diagnostics mais aussi réduire la stigmatisation qu'éprouvent tant de personnes au quotidien. Cette journée mondiale est une étape importante pour faire entendre la voix des patients et oeuvrer vers une plus grande acceptation sociale.