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L'Académie des Oscars s'excuse pour son silence après l'arrestation du réalisateur Hamdan Ballal de « No Other Land »

2025-03-29

Auteur: Marie

L'Académie des Oscars a fait amende honorable vendredi dernier, après des critiques massives émanant de la communauté cinématographique d'Hollywood concernant son silence face à l'arrestation de Hamdan Ballal, un réalisateur palestinien. Celui-ci avait remporté l'Oscar du meilleur documentaire pour son film *No Other Land*, qui traite des conséquences de la colonisation en Cisjordanie, mais a été arrêté par l'armée israélienne dans des circonstances très controversées.

Après la cérémonie des Oscars, Ballal a été victime d'une attaque par des colons israéliens, confirmée par une ONG locale. Puis, il a été placé en détention перед son liberation le mardi suivant.

À l'opposé de nombreuses organisations du cinéma international qui ont rapidement dénoncé son arrestation, l'Académie des Oscars est restée muette pendant plusieurs jours. Ce n'est que mercredi qu'elle a publié une déclaration condamnant la violence envers les artistes, sans mentionner spécifiquement Ballal, ce qui a provoqué une vive réaction.

Suite à une réunion de crise au sein de l'Académie, une lettre a été envoyée à ses membres le vendredi soir, affirmant : « Nous nous excusons sincèrement auprès de M. Ballal et de tous les artistes qui se sont sentis abandonnés par notre précédente déclaration. » Dans ce courrier, l'Académie a réaffirmé son opposition à toute forme de violence, où qu'elle se manifeste dans le monde, et a fait savoir qu'elle abhorrait la censure.

La première réaction de l'Académie a été largement jugée inacceptable à Hollywood. Plus de 700 membres, y compris des figures emblématiques telles que Joaquin Phoenix et Penélope Cruz, ont cosigné une lettre dénonçant l'attitude de l'Académie, la qualifiant d' « indéfendable ». Dans cette lettre, ils ont exprimé leur indignation face à l'agression de Ballal et à sa détention, rappelant qu'un événement aussi prestigieux que l'Oscar devrait également défendre ses lauréats face à l'injustice.

*No Other Land* dépeint le déplacement forcé des Palestiniens par les forces israéliennes et les colons dans la région de Masafer Yatta, désignée zone militaire restreinte depuis les années 1980. Bien qu'il ait remporté un Oscar, le film rencontre des difficultés pour trouver un distributeur aux États-Unis, une situation qui renforce encore la controverse autour de son contenu.

En parallèle, les autorités israéliennes ont justifié l'arrestation de Ballal, l'accusant de lancer des pierres. Cependant, après sa libération, le réalisateur a exprimé son sentiment d'être ciblé en raison de son travail sur le film. Il a partagé son expérience traumatisante avec l'Agence France-Presse, indiquant que des colons l'ont agressé alors que des soldats pointaient leurs armes sur lui. "J'ai cru que mes derniers instants étaient arrivés à cause de la gravité de la violence. Je pense que c'était lié à l'Oscar que j'ai gagné", a-t-il déclaré lors d'une interview.

Son coéquipier israélien, Yuval Abraham, qui a coréalisé le film, a également critiqué le manque de soutien de l'Académie face à cette situation. Cette polémique met en lumière les tensions persistantes au sein de l'industrie du cinéma concernant les droits humains et la liberté d'expression.

L'incident soulève des questions sur le rôle des organisations de l'industrie cinématographique dans la protection de leurs membres, surtout lorsque ceux-ci affrontent des situations d'abus flagrant de leurs droits.