Technologie

Microsoft : Le Titan de l'Informatique Se Réinvente avec l'IA

2025-03-31

Auteur: Marie

Le 4 avril 2025, Microsoft célèbre 50 ans d'innovations révolutionnaires qui l'ont propulsé au sommet de Wall Street et fait de ses systèmes informatiques des indispensables pour les entreprises et les particuliers. Cependant, malgré sa renommée, l'entreprise peine à captiver le grand public dans l'univers d'Internet.

"Microsoft a longtemps souffert d'une réputation d'entreprise ennuyeuse et d'une action peu dynamique," note Jeremy Goldman, analyste chez eMarketer. Pourtant, avec près de 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, Microsoft se classe juste derrière Apple en tant que société la plus valorisée au monde.

L'entreprise doit une grande partie de son succès à son secteur du cloud computing, en pleine expansion, surtout avec l'essor de l'intelligence artificielle (IA) générative. "C'est une infrastructure qui peut sembler peu attrayante, mais elle est extrêmement lucrative," observe Goldman.

Fondée par Bill Gates et Paul Allen en 1975, Microsoft a lancé le système d'exploitation MS-DOS, qui a été un tremplin vers la richesse des fondateurs. Rebaptisé Windows, ce système fait fonctionner la majorité des ordinateurs à travers le monde. Les logiciels Microsoft Office (Word, Excel, PowerPoint) sont aujourd'hui des références dans le secteur de la bureautique, malgré la concurrence croissante de Google Docs.

Goldman souligne que la longévité d'Office en tant que produit clé témoigne de la capacité d'innovation de Microsoft. "Ils ont réussi à transformer leur produit en un modèle d'abonnement basé sur le cloud, ce qui a permis de maintenir leur part de marché face à des alternatives gratuites."

Cependant, Microsoft reste en retrait des applications couramment utilisées par des millions d'utilisateurs, notamment en ce qui concerne les réseaux sociaux, les smartphones et les assistants IA. Bien qu'elle ait essayé d'élargir son influence, notamment avec le lancement de la Xbox en 2001 et l'acquisition de LinkedIn en 2016, le géant de Redmond fait face à des défis considérables.

Selon Goldman, "Microsoft est le moins à l'aise en matière d'interface utilisateur, ce qui constitue un véritable talon d'Achille". Sous la direction de Steve Ballmer (2000-2013), l'entreprise a raté le virage mobile, laissant le champ libre à des concurrents comme Apple et Google.

Son actuel PDG, Satya Nadella, a reconnu tôt le potentiel des modèles d'IA et a investi massivement dans OpenAI, bien avant que cette start-up devienne célèbre avec ChatGPT. En 2023, Microsoft a tenté de concurrencer Google dans le domaine de la recherche en ligne avec un Bing rénové, qui utilise le modèle d'IA d'OpenAI pour répondre aux requêtes des utilisateurs de manière conversationnelle.

Malheureusement, cette tentative de renouveau a été jugée insatisfaisante par de nombreux experts. Même si sa part de marché a légèrement augmenté, Google demeure le leader avec près de 90 % du secteur de la recherche en ligne. Jack Gold, analyste indépendant, souligne que Microsoft reste derrière ses concurrents en matière d'IA, car l'entreprise n'a pas ses propres puces ni son propre modèle d'IA.

Néanmoins, Microsoft déploie rapidement des services d'IA sur sa plateforme cloud Azure, ainsi que sa gamme d'outils d'IA Copilot. Bien que la croissance des revenus d'Azure en matière d'IA soit moins marquée que celle de ses rivaux, Jack Gold affirme que Google Cloud pourrait potentiellement surpasser Azure dans un avenir proche.

L'analyste ajoute que Google attire plus facilement les start-ups en raison de la structure tarifaire de Microsoft, qui est orientée vers les grandes entreprises. "Microsoft a tout intérêt à se concentrer sur les solutions pour les entreprises, où elle a un avantage concurrentiel, plutôt que de rivaliser sur le marché des consommateurs, qui est déjà saturé," conclut-il.

Alors, Microsoft se penche-t-elle vers une séparation de sa division Xbox, qui, bien qu'en plein essor, ne représente qu'une petite fraction de son chiffre d'affaires? La réponse semble être affirmative, surtout si cela permet à l'entreprise de réallouer des ressources vers ses solutions professionnelles, où se trouvent les véritables opportunités de croissance.