
Tension entre défenseurs et agriculteurs à Tulle : Manifestations pour et contre les loups
2025-03-19
Auteur: Sophie
Le mercredi 19 mars, la ville de Tulle a été le théâtre de tensions croissantes autour de la présence d'un couple de loups sur le Plateau de Millevaches. Deux manifestations distinctes ont eu lieu, illustrant le fossé grandissant entre les défenseurs de la biodiversité et les agriculteurs inquiets pour la sécurité de leurs troupeaux.
D'un côté, l'association One Voice a organisé un rassemblement de soutien devant la préfecture de Corrèze, attirant près d'une centaine de personnes. Parmi eux, des militants de la protection des espèces, des élus d'Europe Écologie Les Verts (EELV) et des habitants du plateau. Muriel Arnal, présidente de One Voice, a déclaré : "Il y a urgence à protéger ce couple de loups à la biologie unique. Ils sont précieux pour la biodiversité et représentent un héritage pour les générations futures. Les éleveurs doivent apprendre à cohabiter avec la nature, pas à lutter contre elle." Ce couple de loups présente une diversité génétique prometteuse, avec un mâle d'origine germano-polonaise et une femelle d'origine italo-alpine.
Pour renforcer leur mobilisation, One Voice a lancé une pétition sur change.org, qui a déjà recueilli près de 50 000 signatures. Cette initiative appelle à l'arrêt des tirs de défense contre les loups et plaide pour des solutions durables pour protéger tant l'élevage que les loups, prônant un dialogue constructif entre les parties prenantes.
Face à cela, les agriculteurs, représentés par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, ont mené une contre-manifestation devant la cathédrale de Tulle, rassemblant une soixantaine de participants. Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de Corrèze, a exprimé fermement : "Il n'y a pas de cohabitation possible avec le loup. Les dégâts causés sur nos troupeaux sont inacceptables, et retrouver nos animaux mutilés est un cauchemar." Les agriculteurs sont particulièrement inquiets alors que la saison printanière marque la sortie de leurs bêtes dans les pâturages.
Les deux manifestations se sont déroulées dans le calme, malgré la présence d'une vingtaine de policiers chargés de maintenir l'ordre. Les discussions autour de la "cellule loup" à la préfecture sont prévues pour le jeudi 20 mars, un espace nécessaire pour aborder ces préoccupations croissantes et envisager des solutions. Cette situation à Tulle illustre un débat bien plus vaste qui se déroule à travers la France sur la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.