
Turquie : Un journaliste suédois arrêté pour « terrorisme » et « insulte au président » en plein mouvement de contestation
2025-03-30
Auteur: Sophie
Alors que la Turquie est secouée par une onde de contestation depuis l'arrestation du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, les autorités turques ont annoncé dimanche 30 mars l'arrestation de Joakim Medin, un journaliste suédois. Il a été interpellé à son arrivée à l'aéroport d'Istanbul le 27 mars, accusé de « terrorisme » et d'« insulte au président » Recep Tayyip Erdogan.
Les autorités affirment que Medin est recherché pour son « appartenance à une organisation terroriste armée » et « insulte au président », menant à son incarcération. Selon le centre de traitement de la désinformation du gouvernement, il aurait été impliqué dans une manifestation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à Stockholm. Le gouvernement a insisté sur le fait que cet ordre d'arrestation « n'a rien à voir avec des activités journalistiques ».
Depuis le début du mouvement de contestation le 19 mars, la répression s'est intensifiée, entraînant l'expulsion d'un reporter de la BBC et l'arrestation d'au moins une dizaine de journalistes turcs pour avoir couvert les événements.
Joakim Medin, reporter pour le journal Dagens ETC, a été maintenu en détention suite à ces graves accusations. Son rédacteur en chef, Andreas Gustavsson, a fermement rejeté ces allégations, les qualifiant d’« absurdes » et a souligné que son collègue était simplement en train d'exercer son métier de journaliste. Il a déclaré, « Ces accusations sont absurdes. Être journaliste ne devrait jamais être un crime. Les faits ne sont pas une insulte.
Les tensions entre la Turquie et la Suède se sont exacerbées, le PKK étant classé comme organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux. Medin est accusé d'avoir participé à une manifestation le 11 janvier 2023, qui critiquait le président Erdogan, à un moment où les discussions sur l’entrée de la Suède dans l’OTAN suscitaient de vives tensions. Lors de cet événement, une marionnette à l'effigie d'Erdogan avait été exhibée, provoquant une forte indignation du gouvernement turc, qui a exigé des actions de la part de la Suède.
Ce contexte de relations tendues et de répression des libertés d'expression soulève des inquiétudes quant à l'avenir du journalisme en Turquie et aux pressions politiques subies par les médias. En réponse à ses condamnations, le gouvernement turc a intensifié son contrôle sur les reportages et a malmené de nombreux journalistes nationaux et étrangers, établissant un précédent inquiétant pour la liberté de la presse dans la région.