
Chahinez Daoud, brûlée vive par son mari : le procès d’un féminicide « archétypal » s’ouvre devant la cour d’assises de la Gironde
2025-03-24
Auteur: Chloé
Le procès de Mounir Boutaa, accusé d'avoir assassiné son ex-conjointe Chahinez Daoud en la brûlant vive le 4 mai 2021 à Mérignac, commence ce lundi 24 mars à Bordeaux. Cette affaire est qualifiée de "féminicide archétypal" par l'avocat de la famille de la victime, Me Julien Plouton. Le dossier judiciaire met en lumière des éléments troublants qui soulignent une domination masculine exacerbée et des violences répétées envers les femmes.
Selon l'enquête, Chahinez avait exprimé sa volonté de mettre fin à cette relation violente, un signal d'alarme ignoré par la police et la justice, malgré des antécédents documentés de violences conjugales. Le paradoxe tragique de cette affaire réside dans la cécité institutionnelle face aux risques encourus par les victimes, qui sont souvent réduites au silence.
Mounir Boutaa, né en 1976 dans une cité balnéaire près d'Alger, a grandi dans un environnement apparemment stable, mais son parcours a pris un tournant dramatique lorsqu'il a émigré en France à l'âge de 23 ans. Après une première union avec Séverine, avec qui il a eu trois enfants, il a été dénoncé pour des violences conjugales sur plusieurs occasions. Ces abus, allant des menaces aux violences physiques, ont marqué son premier mariage. Il semble que ces comportements toxiques se soient intensifiés dans sa relation avec Chahinez, dont le destin tragique illustre les effets dévastateurs du contrôle coercitif et de la culture du silence entourant les violences faites aux femmes.
Le procès s'annonce historique. Les avocats de la défense évoquent déjà la possibilité d'un procès médiatisé, tandis que les associations féministes attendent des répercussions nationales sur la lutte contre les féminicides. Ce drame soulève des interrogations cruciales sur la protection des femmes et appelle à une action plus ferme de la part des institutions pour mettre fin à ce fléau social.