
Coupe des Champions Investec – La Vengeance d'Agen : Leçons du Passé!
2025-04-02
Auteur: Léa
Cette semaine, les discussions autour des Saracens ont pris de l'ampleur, notamment sur leur choix de ne pas défendre pleinement leurs chances lors de leur huitième de finale européen contre Toulon. Ils privilégient le championnat anglais, une démarche qui n'est pas sans précédent dans le rugby professionnel. Pourtant, Agen, qui a connu des jours sombres, s'est payé cette impasse à un prix exorbitant. À ce jour, le SUA est le seul club à avoir été exclu de la prestigieuse Coupe d'Europe, subissant une suspension de deux ans, réduite à un an en appel, accompagnée d'une amende astronomique de 100 000 euros.
Cette sanction a été infligée après que les Lot-et-Garonnais ont été accusés d'avoir intentionnellement perdu un match de Challenge Européen contre l’équipe galloise d'Ebbw Vale, un club qui ne comptait aucun international. Ce match, ended sur un score de 59 à 10, a été un vrai choc pour les supporters du SUA et une humiliation pour un club de son envergure, qui avait célébré des joueurs de la trempe de Philippe Benetton, Christophe Lamaison et François Gelez.
Cette incorporation du non-engagement dans ce match a été le résultat d’un calendrier particulièrement chargé. Agen avait deux matchs de championnat de retard contre Bourgoin et Bordeaux-Bègles. Disputer un quart de finale européen aurait signifié six matchs en deux semaines, un véritable défi pour un club en difficulté. La situation s'est révélée encore plus complexe avec l'élitisme croissant du rugby professionnel, où les équipes se battent non seulement pour les trophées mais aussi pour des raisons financières vitales.
Les événements de ce jour-là n’ont pas soulevé autant d’indignation que cela aurait pu. La presse de l’époque a même minimisé la situation, parlant de l’élimination d’Agen comme d’un soulagé besoin de se concentrer sur le championnat. Cependant, en revoyant ce match, des rumeurs ont commencé à circuler à propos de choix douteux sur le terrain — voire des comportements étonnants qui ont soulevé des questions sur la volonté des joueurs de se battre pour gagner.
François Gelez, alors demi d'ouverture, a déclaré qu'il y avait eu un moment dans le match qui restait flou pour lui. La pression que subissait l’équipe pour obtenir des résultats en championnat était effectivement forte, suite à une crise financière. "Nous avions des choix à faire, et nous pensons que nous avons pris la bonne décision, même si notre manière de communiquer a laissé à désirer," confiait-il plus tard.
Jean-Pierre Guignard, le président du club à l'époque, se souvient des effets néfastes de la transparence excessive. Le SUA pensait avoir fait le bon choix pour préserver le club, en plaçant ses intérêts sportifs en premier, mais cela s'est retourné contre eux. C’était un cas malheureux de mauvaise communication, et c'est ce qui a conduit à cette sanction désastreuse.
En dépit de cette exclusion, Agen a su rebondir pour remporter le match contre Bordeaux-Bègles (33-6) le jour des quarts de finale, et a même atteint la finale du championnat cette année-là, où ils affrontèrent Biarritz. Cette histoire doit servir de leçon à tous les clubs de rugby sur l'importance de chaque match, mais aussi sur la gestion des priorités dans un monde sportif de plus en plus exigeant.
Le parcours d'Agen est ainsi le reflet des dilemmes auxquels font face de nombreux clubs aujourd'hui. Les choix qui semblent être des stratégies gagnantes à court terme peuvent, à long terme, engager le club dans une spirale de problèmes.