
Crash de la Germanwings : un souvenir tragique qui hantera à jamais le ciel français
2025-03-24
Auteur: Louis
LE FIGARO. - Quels souvenirs gardez-vous du jour fatidique du crash, le 24 mars 2015 ?
Général David GALTIER. - Ce jour-là, je me trouvais à Hyères pour une inspection de la gendarmerie mobile. Vers 11 heures, j'ai reçu un appel du groupement des Alpes-de-Haute-Provence. Ils m'informent qu'ils ont perdu le contact avec un avion transportant 144 passagers et que les premiers éléments suggèrent qu'il se soit écrasé dans notre secteur. Ils se préparent à envoyer un hélicoptère sur les lieux pour tenter de le localiser. Un Mirage avait déjà effectué une reconnaissance aérienne, sans résultat. Je contacte immédiatement le préfet et le procureur de la République de Marseille, conscients de la gravité de la situation.
Votre priorité à ce moment-là ?
La première pensée concerne le sauvetage des victimes. Nous mettons en place un plan de secours, mais la première étape est de retrouver l'appareil... Finalement, un hélicoptère de la gendarmerie confirme la tragique nouvelle : l'avion s'est crashé. Nous déclenchons alors une gestion de crise. La gendarmerie de Hyères dispose d'un hélicoptère, et j'embarque avec moi le procureur de la République, Brice Robin. Je l'avertis de se préparer pour un atterrissage rapide à Marseille.
Une fois sur les lieux, que voyez-vous ?
Au début, rien ne semble indiquer un accident. Nous doutons de l'emplacement du crash jusqu'à ce que nous remarquions de la fumée s'échappant des montagnes. En nous rapprochant, la scène se transforme en un paysage étrangement macabre, un assemblage de débris métalliques étincelants sous le soleil. Cela représente le triste vestige de l'avion. La situation exige alors de geler la scène pour préserver l'ordre public, car les médias et les secouristes vont bientôt affluer. Nous établissons notre base opérationnelle à Seyne-les-Alpes, d'où nous coordonnerons l'intervention de plus de 1000 gendarmes, bien que nous comprenions rapidement qu'il n'y aurait aucun survivant.
Pourquoi n'y aurait-il pas de survivants ?
Le principal morceau retrouvé de l'avion consistait en deux pneus du train arrière et quelques hublots. Les autres débris étaient principalement des fragments de corps. La hauteur, à 1400 mètres, et les conditions de neige rendaient l'intervention extrêmement périlleuse. Nous avons dû encadrer notre personnel pour récupérer les restes des victimes. L'identification prendrait un délai d'environ trois semaines.
Quelle a été votre réaction face à cette scène ?
Au départ, c'est l'incompréhension qui prédomine. Il est difficile d'admettre qu'un avion de cette taille a pu être réduit en morceaux si petits en percutant la montagne. Ce paysage de débris, tel un puzzle chaotique, est incompréhensible. L’émotion viendra plus tard, lorsque nous devrons rencontrer les familles des victimes. Ce moment de rencontre est particulièrement poignant, des familles pleurent et s'accrochent à nous dans une tentative désespérée de comprendre ce qui est arrivé à leurs proches.
Des images d'une tragédie qui rappellent l'importance de la sécurité aérienne et de la transparence dans les enquêtes pour assurer que de tels événements ne se reproduisent jamais. Le crash de la Germanwings a, sans aucun doute, marqué de manière indélébile l'histoire de l'aviation.