
CRISE À FRANCE TRAVAIL : Les Conseillers en Lutte Face à une Explosion du Nombre de Demandeurs d'Emploi
2025-03-31
Auteur: Pierre
Les établissements de France Travail, anciennement connus sous le nom de Pôle Emploi, se retrouvent au cœur d'une tourmente sans précédent. Le mardi 1er avril, les conseillers, excédés par une surcharge de travail insupportable, se mettent en grève pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus dégradées.
Cette grève fait écho à l'application de la loi sur le plein-emploi, qui a entraîné l'inscription automatique de 1,2 million de personnes supplémentaires au début de l'année, principalement des bénéficiaires du RSA.
Les agents, déjà en première ligne face à une hausse du chômage, ont vu leur charge de travail prendre des proportions alarmantes. Nadège, en attente devant l'agence avec l'espoir d'obtenir un rendez-vous pour son mari, ancien cariste au chômage depuis six mois, exprime son désespoir : "Il souhaite se reconvertir en informatique, mais nous n'avons pas pu voir sa conseillère malgré trois mois de demandes de formation. C'est très frustrant!"
Un impact sur la qualité du service
Sandrine, férue de son métier depuis 16 ans à France Travail, explique : "Je devrais gérer 170 demandeurs d'emploi, mais j'en suis à 300 aujourd'hui." Face à cette surcharge, les conseillers doivent faire des choix difficiles, souvent au détriment de la qualité du service. "Nos plannings sont complets quatre semaines à l'avance, et les rendez-vous sont de plus en plus limités. En moyenne, je ne peux consacrer que 30 minutes au premier entretien d'un nouvel inscrit," se plaint Clément, un conseiller confronté à des contraintes de temps.
Clément doit également superviser les bénéficiaires du RSA, qui, depuis janvier, sont tenus d'effectuer 15 heures d'activités hebdomadaires pour conserver leur aide. Cela ajoute une pression supplémentaire sur les conseillers, qui doivent non seulement suivre ces demandeurs d'emploi, mais aussi les accompagner dans la réalisation de ces tâches.
Une profession secouée par des réalités déstabilisantes
Ces difficultés entraînent une perte de sens parmi les agents. Sylvie Amblot, présidente de la CFTC Emploi, souligne que "l'accompagnement est le cœur de notre métier, mais avec l'immensité de la demande, l'aide apportée se complique chaque jour davantage." Elle appelle à des renforts massifs, estimant qu'il faudrait entre 1000 à 2000 conseillers supplémentaires pour faire face à cette situation insoutenable.
Les syndicats, en plus de revendiquer des effectifs supplémentaires, demandent également une augmentation salariale d’au moins 2 %, en adéquation avec la dernière revalorisation obtenue en décembre dernier. De son côté, la direction de France Travail reconnaît que la charge de travail est un sujet de préoccupation constante et annonce la création de 1000 nouveaux postes dédiés à l'accompagnement des bénéficiaires du RSA cette année.
Cependant, cette situation soulève une question cruciale : réaliste-t-on de demander plus aux conseillers sur le terrain sans leur offrir les moyens nécessaires ? Au moment où le pays s’apprête à franchir de nouvelles étapes vers le plein-emploi, les agents de France Travail sont à un tournant décisif qui pourrait redéfinir l'avenir de l'accompagnement des demandeurs d'emploi.