Divertissement

"Je le jure" : Un drame judiciaire captivant signé Samuel Theis

2025-03-24

Auteur: Léa

"Je le jure", le troisième long-métrage du talentueux acteur et réalisateur Samuel Theis, plonge le spectateur dans l'univers complexe des jurés lors d'un procès. Le film suit de près Fabio, un quadragénaire en quête de sens, dont le portrait émerge au fil des scènes.

Prévu pour sortir le 26 mars, ce film arrive dans un contexte troublé, puisque Theis fait face à une enquête judiciaire en cours suite à des accusations de viol.

Fabio (interprété par Julien Ernwein), balaye sa vie entre son cercle de copains chasseurs, sa maîtresse Marie (Marie Masala) bien plus jeune que lui, et des échappatoires comme l'alcool et les joints. Tout bascule lorsqu'il reçoit une convocation pour devenir juré dans le procès en appel d'un jeune pyromane, accusé d'homicide involontaire.

Initialement, Fabio est hésitant, mais il finit par s'investir pleinement dans son rôle de juré. Ce parcours inattendu changera-t-il le cours de sa vie ? C'est ce que Samuel Theis s'emploie à explorer, détillant ainsi les événements d'une cour de justice.

Abordant des thèmes essentiels de la jurisprudence, le film interroge la question de la peine juste, ainsi que les enjeux de réincarcération et de réhabilitation. Les doutes et paradoxes sont mis en lumière, notamment à travers les propos d'une avocate générale (Sophie Guillemin), qui constate l'inefficacité de la détention sur le comportement de l'accusé tout en plaçant la barre plus haute pour la peine attendue.

Contrairement à l'œuvre marquante de Sidney Lumet, "12 Hommes en colère", qui était un huis clos, Theis choisit une approche naturaliste, filmant les audiences ainsi que la vie quotidienne de Fabio avec une caméra au poing.

Alors que le procès avance, le personnage de Fabio évolue, faisant émerger ses opinions et ses émotions. Il commence à interagir avec Julia (Louise Bourgoin), une médecin dont le monde semble très éloigné du sien, mais qui partage ses réflexions sur l'affaire à juger.

Fabio, à travers cette expérience judiciaire, trouve peu à peu le courage de reprendre les rênes de sa vie, même si cela ne sauve pas l'accusé. Ce parcours est une invitation pour lui à l'introspection et à l'évolution.

Un retour sur un territoire familier rythme ce film, qui s'inscrit dans une trilogie consacrée à la région du bassin minier mosellan, explorée par Theis dans ses œuvres précédentes, "Party Girl" et "Petite nature". Cette région, à la croisée de la désindustrialisation et des dynamiques sociales complexes, sert de toile de fond authentique à l'intrigue.

Le film ne se contente pas de représenter la réalité. Il la questionne. Le regard que pose Theis sur sa région est empreint d'humanité, abordant ses faiblesses et ses forces sans filtre. La distribution mêle acteurs professionnels et amateurs, un choix judicieux qui apporte une dimension réelle aux personnages, rendant ainsi l'histoire encore plus touchante.

"Je le jure" est aussi une réflexion profonde, à la fois sociale et politique. Par le portrait de Fabio, le film montre comment la justice, malgré ses maladresses, peut permettre d'ouvrir de nouveaux horizons pour ceux qui se trouvent souvent piégés par leur destin. Ce film, poignant et révélateur, invite à repenser notre propre rapport à la justice et à la réhabilitation dans notre société.