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L’Europe défiée par le géant chinois BYD : les subventions illégales sous le microscope!

2025-03-30

Auteur: Chloé

La Commission européenne a lancé une enquête préliminaire sur le géant chinois BYD, qui est en train d'établir une méga-usine de voitures électriques en Hongrie. La question centrale de cette enquête est de savoir si Pékin a accordé des subventions déloyales à son champion national pour faciliter son implantation sur le sol européen.

BYD, un acteur incontournable du marché des véhicules électriques, a récemment annoncé son projet d'acquisition d'un terrain de 4 milliards d'euros en Hongrie, destiné à accueillir une usine d’assemblage de grande envergure. Cette initiative devrait créer près de 10 000 emplois et vise une capacité de production annuelle de 200 000 véhicules électriques.

Cependant, cette expansion mondiale, qui inclut aussi des projets au Brésil, au Mexique et en Indonésie, attire l'attention des autorités européennes préoccupées par l'équité concurrentielle sur leur marché. Selon des informations du Financial Times, l'enquête pourrait révéler que BYD a bénéficié d'aides financières contraires aux règles de concurrence de l'UE.

Ce développement survient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Union européenne et la Chine. L’année précédente, Bruxelles avait imposé des droits de douane sur les importations de véhicules électriques chinois, dont ceux de BYD, en raison de subventions jugées injustifiées.

Les autorités européennes soulèvent plusieurs préoccupations concernant l'implantation de BYD en Hongrie :

Préoccupations des autorités européennes

- Le recours à de la main-d'œuvre chinoise pour la construction de l'usine.

- L'intention d'importer la majorité des composants, y compris les batteries, depuis la Chine.

- Le faible impact économique réel pour la Hongrie et l'Europe, malgré les promesses de création d'emplois.

Si l’enquête confirme que BYD a reçu des aides illégales, cela pourrait entraîner des répercussions significatives, y compris la nécessité pour l'entreprise de vendre des actifs, de réduire sa production, de rembourser les subventions et même de faire face à une amende de l’UE.

La position de la Hongrie, dirigée par Viktor Orbán, se complique également. Orbán s'est présenté comme un allié important de la Chine, ayant invité le président Xi Jinping à Budapest, renforçant ainsi les relations économiques avec le pays. Cette stratégie est perçue comme une tentative de contournement des régulations européennes, créant un nouveau point de tension entre Budapest et Bruxelles.

De surcroît, János Bóka, ministre hongrois des Affaires européennes, a affirmé que le gouvernement hongrois n'avait pas été informé de l'enquête, tout en faisant savoir que Budapest avait passé en revue les aides d'État accordées à BYD. Il a également évoqué la proximité géographique de la Hongrie avec l'Ukraine comme un facteur pouvant influencer cette surveillance.

Cette affaire est un reflet des luttes économiques mondiales entourant la transition vers la mobilité électrique. Le report récent par la Chine du projet d'usine de BYD au Mexique met également en lumière les préoccupations de Pékin concernant le transfert de technologie à des concurrents américains, démontrant la complexité des enjeux sous-jacents à cette enquête.

Pour l'Union européenne, le défi est clair : protéger ses propres industries tout en intégrant des acteurs comme BYD sur le marché. C'est un équilibre délicat entre ouverture économique et protection des standards de concurrence équitable. Avec les prix souvent 30% moins chers des modèles chinois, l'Europe doit affronter un véritable affrontement économique pour maintenir sa place sur le marché automobile mondial. Les résultats de l’enquête sur BYD pourraient en effet façonner les relations économiques sino-européennes pour les années à venir.