
"Tout ça pour perdre du temps" : au procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles, des manœuvres d'obstruction aux débats
2025-03-24
Auteur: Sophie
Le célèbre acteur Gérard Depardieu s'est présenté brièvement à la barre, vêtu d'un costume noir, où il a décliné son identité : "Gérard Depardieu, né le 27 décembre 1948 à Châteauroux." En entendant le président du tribunal correctionnel de Paris lui rappeler son droit de "garder le silence", l'acteur de 76 ans a exprimé sa préférence pour répondre aux questions avant de regagner son siège sur un curieux cube recouvert d'un drap coloré. L'audience a rapidement pris une tournure inattendue, ne laissant que peu de place aux faits qui lui sont reprochés.
La star déchue du cinéma français est jugée pour agressions sexuelles sur le tournage du film *Les Volets verts* en 2021, suite aux plaintes d'Amélie, une décoratrice de 54 ans, et de Sarah*, une assistante réalisatrice de 34 ans. Le tribunal avait déjà renvoyé le procès à octobre 2024 après une audience mouvementée destinée à ordonner une expertise médicale sur l'état de santé de l'acteur. Un cardiologue a jugé Gérard Depardieu apte à comparaître, mais a limité la durée des audiences à "six heures" chaque jour, rendant précieux chaque moment de discussion.
Les débats ont été largement monopolisés par les procédures, notamment l'appel des témoins. Une dizaine de témoins étaient convoqués pour soutenir la défense, incluant le personnel de tournage, tandis que des témoins des parties civiles étaient également présents. La présence notable de Fanny Ardant, traversant la salle, a souligné l'importance du soutien apporté à Depardieu dans ce contexte difficile pour sa carrière, déjà en souffrance à la suite des accusations.
Les plaignantes, de leur côté, ont été soutenues par d'autres actrices, y compris Anouk Grinberg, présente sur le tournage et Charlotte Arnould, qui a également porté plainte dans une affaire distincte. L'ambiance autour du procès était électrique, les avocates des victimes dénonçant une tentative de diversion de la part de la défense. L'avocat de la défense, Jérémy Assous, plaidait avec ferveur, en présentant des critiques à l'égard du système judiciaire et de l'enquête, qu'il qualifiait de "chasse à l'homme".
Les discussions sont devenues encore plus animées avec des accusations de manipulation des procédures. Claude Vincent, avocate des plaignantes, a dénoncé des "manœuvres dilatoires" visant à prolonger l'audience et à éviter d'aborder les faits au cœur des accusations. Des cris de déception et de frustration ont émané de la salle, la tension étant palpable.
Les interruptions répétées du tribunal pour soumettre de nouvelles pièces ont suscité des critiques, tant du parquet que des avocates des parties civiles, qui estimaient que cela allait à l'encontre du bon déroulement des débats. Malgré la durée de l'audience, Jérémy Assous a insisté sur sa détermination à prouver l'innocence de son client, promettant de démontrer les failles de l'affaire.
Il est maintenant évident que ce procès pourrait s'étendre sur plusieurs jours, voire semaines, chaque nouvelle audience apportant son lot de rebondissements et d'émotions. Dans un contexte où les accusations d'agression sexuelle prennent une résonance particulièrement forte dans la société actuelle, l'issue de ce procès aura des répercussions non seulement pour Gérard Depardieu mais aussi pour l'industrie du cinéma elle-même.